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La cité de laiton
Par Priss Publié dans coup de coeur, coup de livre sur 18 septembre 2021 Un commentaire 4 minutes de lecture
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Roman de Fantasy pour adultes. Editions de Saxus

La cité de Laiton de S.A. Chakraborty

Si on ne me l’avait pas conseillé, je n’aurais pas lu ce livre, car ma première expérience avec les éditions De Saxus n’avait pas été concluante (voir article suivant) même si j’en conviens, je n’étais pas la cible du livre en question. La Cité de Laiton m’a réconcilié avec elles.

Cette histoire se déroule dans l’univers des Djinns. On y suit la trajectoire de deux personnages sous forme de roman chorale. Nahri et Ali, la première ne sait pas qu’elle fait partie de cet univers jusqu’à ce qu’elle s’y retrouve projeter sur un malentendu…ça marche. *Rire* . Pardon pour cette digression d’un goût plus que douteux. Nahri ne doit sa survie qu’à son pragmatisme acquis tout au long d’un existence d’arnaqueuse au Caire dans le monde humain.

Quant au second personnage, fils cadet avec des idéaux contraires à son roi de père, à son frère aîné l’émir, Ali se retrouve sans cesse entre deux feux, face à des choix cornéliens. Ce qui lui arrive finalement, tous les royaumes du monde ou toutes les histoires en montre l’exemple.

J’avoue avoir lu l’histoire des jeux de pouvoirs entre tribus de djinns sans vraiment comprendre qui fait quoi et à qui. Donc mon conseil est de se référer aux notes de l’auteur en fin de roman dès que possible. Si vous êtes comme moi que vous n’aimez pas vous arracher de votre lecture, soyez-rassurés les relations entre tous les personnages sont le socle de cette intrigue. Nahri et Dara, Ali et Nahri, Ali et Muntadhir, Nahri et Ali etc…Vous lirez le reste à la fin. La seule chose qui m’a été tout de suite claire, mais aussi parce que c’est un enjeu important pour le personnage d’Ali puis dans une moindre mesure pour celui de Nahri, c’est les rapports entre Shafits et les Djinns.

C’est un livre qui offre une diversité à la Fantasy dont les histoires sont souvent ancrées dans l’imagination blanche, occidentale. Il en existe de plus en plus des qui sont imprégnées « d’imaginaires » d’horizons diverses. Grâce à cela, notre littérature de l’imaginaire, s’enrichit. Malgré cette bonne nouvelle des questions se posent.

Si par exemple, moi, Priss, écrit une histoire de Fantasy tiré de l’imaginaire d’un pays africain par exemple, est ce que je serai légitime ? Est-ce que l’histoire sera intéressante ? Est-ce que toutes les recherches du monde peuvent remplacées la place de l’auteur.ice qui apporte sa personnalité, sa vie, sa culture ? Mes livres préférées ne sont pas classés en SFFF ou à peine en fantastique. Il s’agit de Jane Eyre de Charlotte Bronté et de Beloved de Toni Morisson. Est-ce qu’un.e auteur.ice blan.che. peut écrire ce dernier ? Cela sans porter le poids de la souffrance héritée de l’esclavage, sans avoir connu le rejet, le racisme ? Dans le cas de Jane Eyre est ce qu’un homme peut écrire cette histoire. Tous ces mois, il y a eu des polémiques sur les réseaux sociaux au sujet des appartenances ou les emprunts, sur la légitimité des auteur.ice.

Je n’ai pas de réponses seulement mon expérience à partager. Personnellement, je sais que souvent les auteurs masculins dépeignent des femmes dans lesquelles j’ai du mal à m’identifier. Je préfère de plus en plus lire des autrices. Mais ce n’est pas une généralité. Un roman, c’est avant tout une histoire de personnage. Le plus important est que celle-ci soit « bonne », càd, à mon opinion : qu’on ne puisse pas s’en décoller. Il faut tout faire pour l’écrire dans cet objectif. Si jamais je dois me cantonner aux elfes, nains, lutins, insectes, sorcières, fontaine magique, ou garous, voitures volantes, car c’est ce qui m’est familier, il en sera ainsi. Je lirai Nedi Okorafor ou S.A. Chakraborty pour rêver plus loin.

©Priss

Digression pour réfléchir : sur Arte l’émission Vox Pop a traité la question de l’appropriation culturelle de manière pertinente. Je vous invite à la regarder en replay.


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