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La blouse a craqué.
Par Priss Publié dans Les mains dans l'encre sur 29 janvier 2022 Un commentaire 3 minutes de lecture
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La blouse a craqué.

Nous y sommes mesdames, messieurs, chatons de tous poils ou sans, ma fidèle blouse et moi avons craqué. Une déchirure qui s’est élargie au « fil et à mesure » jusqu’à ce qu’il soit si béant que rien ne pouvait la consoler, pardon la raccommoder.

Patiemment le tissus s’est délité. Il a pourtant tout supporté les cris, la surcharge de travail ( à cause d’un truc appelé « covid » vous connaissez ? ), le sous-effectif, les collègues « fatiguées toute l’année » et/ou malades et/ou qui craquent elles aussi, les petites et grandes trahisons de la direction, la vétusté des locaux, etc. La blouse a tout déchiré et dans tous les sens du terme. Elle ne rougit absolument pas de son travail. On peut compter sur elle : les bébés, les petits enfants, les personnes atypiques ou typiques (tout dépend de quel point de vue on se place non? ), les veines difficiles, les pas de veine, les trucs bizarres sur la peau à prélever, les nouvelles blouses à soutenir, les patients inconscients, les patientes qui pleurent, les patients en colère, les patients exigeants. STOP.

Aujourd’hui toutes les deux nous sommes exténuées. Elle ne peut pas pleurer pauvre chose, donc je pleure à sa place : j’ai oublié ma clémentine, je pleure, j’ai oublié mon infusion, je pleure. Je rencontre un patient touchant, je pleure, un patient agaçant, je pleure. Une réunion pénible, je pleure de rage. Il faut encore changer les mots de passe des logiciels, je pleure (nous en avons sept ou huit je crois). Finalement, les promesses de la réunion ne sont pas tenues, le ras le bol, je m’effondre.

LE PIRE: je n’arrive plus à écrire, à me concentrer. Les idées sont là, mais mon cerveau surmené épuisé n’en peut plus, n’en veut plus. Il n’y aura pas de prochain chapitre d’OGL pour l’instant, car je dois corriger (les incohérences, les faiblesses et si possible les fautes même si je sais que j’en laisse dsl) avant de mettre en ligne et je n’y parviens plus. Je ne peux plus non plus poursuivre ce projet en cours sur des pirates-Pocahontas/Nettoyeurs de lacs, alors que je ne suis pas loin du dernier tiers de l’histoire. Je ne peux pas travailler mes idées sur le prochain qui a l’air vachement marrant enfin surtout les noms de personnage.

Et ça j’en crève. Je pèse mes mots.

Je ne dors plus, je mange par petites quantités des choses faciles à avaler. Les bouillons et soupes peuplent mes « repas ». Mes Landes natales doivent se retourner dans leurs racines et leurs confits de canard. Rien ne va plus, mesdames, messieurs, les jeux sont faits.

©Priss.

Photo de Karolina Grabowska provenant de Pexels


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