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Bye-Bye Car, chapitre vingt-huit 
Par Priss Publié dans Histoires Jeunesse sur 24 juin 2020 Un commentaire 5 minutes de lecture
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Chapitre vingt-huit, Pakar et William embarquent. Pour relire le vingt-sept, c’est ici

Bye-Bye Car, chapitre vingt-huit

À Port de Troll, les navires patientent pour reprendre le large. Leurs mâts habillés de voiles se balancent doucement. Les yeux dans le vide, les gardes postés sur le quai se prélassent dans leurs songes. Profitant de leur inattention, deux ombres silencieuses zigzaguent entre les Trolls avachis sur les pontons. Petites et légères, elles grimpent sur les grosses cordes d’amarrage pour atteindre le pont des vaisseaux si imposants. La deuxième, moins agile que la première est aussi plus lente, mais tout aussi déterminée.

Les marins, plongés dans les rêves des Fleurs-à-Baba, marmonnent lorsqu’elles naviguent entre leurs corps. Aucun grommellement ne détournera pourtant les ombres des leurs objectifs. Elles se glissent même jusque dans les cabines des capitaines qui dorment à poings fermés. Avec intérêt, elles y parcourent les cartes et les feuilles de route de chaque vaisseau.

Sur le « LGS Nouveau Monde », les deux ombres ont finalement trouvé ce qu’elles cherchaient : un bateau qui les emmènera à destination. Un placard de la cuisine, assez vaste pour les abriter, leur servira de refuge le temps de la traversée. Épuisées, elles s’y endorment derrière une rangée de petits tonneaux.

Dans la nuit, le navire tangue un peu plus. Peu habitués au roulis, Pakar et William se réveillent à cause du mal de mer (comme tu l’as sûrement deviné : les deux ombres c’étaient bien eux). Les nausées deviennent insupportables. Sans vergogne, Pakar décide de vomir dans une paire de bottes qui traînent par là. William, lui, choisit de remplir les poêles ou les casseroles.

Au petit matin, alors que le cuisinier Troll enfile ses bottes, une grosse bouffée de colère remonte de son menton jusqu’à ses oreilles qui rougissent. Tour à tour, il accuse chaque marin de l’équipage. Une bagarre monstre éclate. Une mêlée de bras et de jambes fait la navette entre les différents ponts du navire. Habitué aux frasques de ses subordonnés, le capitaine continue sa route : il a un horaire à respecter. Quand vient le temps de manœuvrer les voiles pour sortir du port, il tonne :

— Vous souvenez-vous de ce qui est arrivé à nos prédécesseurs qui ont livré une cargaison avec du retard ?

Tous les marins se mettent au garde-à-vous puis rejoignent leur poste : pas question de subir la fureur de la Grande Sombre.

Pendant ce temps en pays Fagottin…

BarJ, réveillé quelques minutes plus tôt par des coups de pied d’un gardien, se trouve à présent les mains liées dans la salle de la machine aux deux cloches. En face, la silhouette longiligne de la Grande Sombre avance dans un couloir. Elle lui rappelle quelqu’un, mais aucun nom ne lui vient à l’esprit.

Qui est-elle ? Frustré à cause de son ignorance, il pousse un grognement qui donne le fou rire à ses gardiens. Et elle arrive devant lui, grande, la capuche de sa cape noire sur la tête, des cheveux longs qui en dépassent. Des cheveux longs, une cape… l’Enchantée Elue ? pense BarJ. Non, ce n’est pas possible, ça ne peut pas être-elle ?

La capuche tombe. Le sourire moqueur collé sur le visage n’est pas celui de l’Enchantée Elue, et cependant il lui ressemble un peu. Une main s’envole et se pose sur la nuque de BarJ pour l’emprisonner entre ses doigts. Puis la terrible poigne colle la tête de BarJ contre celle de la Grande Sombre qui s’est penchée vers lui. Front contre front, les deux Enchantés se taisent. La Grande Sombre ne parle pas, mais ses pensées racontent une histoire à BarJ : celle de deux Enchantées puissantes qui ont défait beaucoup d’ennemis maléfiques pour défendre le Petit Peuple.

Puis, parce qu’elles n’étaient pas d’accord sur l’avenir des Enchantés dans ce monde, elles se sont affrontées dans une guerre sans pitié. Et elle, la Grande Sombre a perdu. L’Enchantée Elue qui a gagné, l’a bannie, l’a privée de la plupart de ses pouvoirs, a effacé son nom de tous les livres. Ses portraits ont disparu. Plus personne ne se souvient d’elle à présent…Ce n’est pas grave, car aujourd’hui elle est enfin prête à se venger. Des images d’horreur parviennent à BarJ, où il voit l’asservissement total du Petit Peuple. Tous les Enchantés sont emprisonnés dans de grandes caves sombres ou même anéantis. Les Fagoulins, les Trolls et tous les autres peuples sont réduits en esclavage, travaillant jusqu’à l’épuisement dans des champs ou des usines. La végétation a disparu.

La Grande Sombre relâche soudain son emprise sur la nuque de BarJ, qui recule et s’écroule. Les fesses au sol, il la regarde hébété. Toute cette cruauté lui glace le sang.

— Alors petit Enchanté ? Mon programme te plaît ?

Elle rit.

BarJ ne répond rien, mais décide de faire face. Il se relève en remarquant :

— Tout cela sans Enchantement, ce sera difficile.

La Grande Sombre explique :

— Mais si, avec des Enchantements ! les tiens, même.

Elle pointe la machine.

— Mettez-le sous cloche !

(à suivre)

©Priss

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