menu Menu
Bye-Bye Car, chapitre vingt et un 
Par Priss Publié dans Histoires Jeunesse sur 27 mai 2020 Un commentaire 7 minutes de lecture
Bye-Bye Car, chapitre vingt-deux  Précédent JOJO LAPIN de Enid Blyton Suivant

Chapitre vingt et un où l’on apprend que le MarChéChal aime se faire curer le nez. Pour relire le vingt, c’est ici

Bye-Bye Car, chapitre vingt et un

Pendant que Pakar et William s’endorment sur leur paillasse après leur périple dans la montagne Troll, à Genessépa, le MarChéChal se réveille dans sa feuille-hamac préférée. Le petit Fagoulin s’approche de lui avec à la main un bout de branche plat. Peu aimable, l’officier lui ordonne :

— Alors qu’attends-tu pour curer mes narines ?

Une odeur nauséabonde se dégage des naseaux du MarChéChal. Le petit Fagoulin grimace de dégoût quand il commence sa tâche. Il a été assigné au grattage de narines pendant que ses parents travaillent dans les champs de Fleurs roses et noires. Ce sont celles que les Fagottins appellent Fleur-à-Baba, qui les rendent fous quand ils en ont trop mâché, ou bien lorsqu’ils n’en n’ont pas du tout mâché. Le petit Fagoulin ne comprend rien à ces Fagottins qui ne savent pas ce qu’ils veulent.

Tout ce qu’il sait c’est que depuis l’invasion, sa famille cohabite avec des Fralins dans un terrier au lieu de dormir dans sa souche. Cet horrible MarChéChal leur a volé leur maison, en plus lui, lui doit venir l’entretenir, et qu’il est sale ce Fagottin ! Il est sale jusque dans son nez.

Sa meilleure amie lui a dit, hier, qu’elle aussi s’est fait chasser de chez elle, et qu’elle aussi doit venir décrotter les nez des Fagottins qui y habitent maintenant. Ils ne sont pas les seuls, d’autres camarades sont dans ce cas. Ce n’est pas juste !

Pendant ce temps, les adultes s’épuisent dans des champs de fleurs noires et roses. Le long des sillons parfaitement alignés, ils sèment, arrosent, désherbent et ramassent les Fleurs-à-Baba. Elles poussent si vite qu’il faut tout le temps recommencer. En quatre jours, il leur a fallu faire vingt récoltes ! Un nuage de pollen rose flotte au-dessus des cultures. Les jardiniers fagoulins ont constamment le nez dedans. Ils en respirent tant et si bien qu’ils en deviennent malades et finissent par tomber. Pourtant, les Fagottins de Garde les battent si ils osent arrêter de travailler. Pourvu que cela n’arrive pas à ses parents, ni à ceux de sa meilleure amie !

Dans ses pensées, le petit Fagoulin sursaute quand le MarChéChal l’interpelle :

— C’est bon tu peux t’arrêter, mon nez est propre ! J’ai faim, c’est l’heure de la cueillette. Va !

Soulagé, le petit lâche la curette puis tourne les talons pour se rendre en forêt. Au passage, il prend le panier qu’il doit absolument remplir avant de revenir sinon…

A la lisière, il retrouve la patrouille fagottine qui les surveille, mais aussi sa meilleure amie. Bientôt, d’autres petits Fagoulins se joignent à eux. Ils paraissent abattus eux aussi. Tant bien que mal, les enfants remplissent leurs paniers de mousse, champignons ou végétaux. Surveillés de près par les gardes, ils tentent quand même de se parler. Peine perdue, les envahisseurs veillent. Un méchant Fagottin pique le petit Fagoulin  avec une lance :

— Allons, ramasse le repas au lieu de discuter !

En silence, l’enfant termine son travail puis repart chez le MarChéChal. Lorsqu’il quitte la lisière en compagnie des autres enfants et des gardes, un groupe de Fagottins qui court enrouler-bouler à grande vitesse les dépasse. Il percute même un des gardes à la grande joie des enfants fagottins, qui, bien entendu, se cachent la tête dans leur panier pour ne pas se faire prendre en train de rire. Le garde hurle en se relevant :

— Bande d’Anrselle ! Ces éclaireurs se croient tout permis !

Lorsque le petit Fagoulin rapporte sa cueillette au MarChéCal, les Fagotins-Eclaireurs sont déjà là en train de faire leur rapport au chef militaire. Effrayé, il les entend discuter à propos des Fagoulins en fuite qui ont été repérés à la frontière.

— Les informateurs trolls ont donné de bonnes informations, constate un éclaireur.

Le MarChéChal Fagottin, lui, se frotte les mains. Quelle belle idée d’échanger une cargaison de Fleur à Baba cultivées dans ses champs contre des informations. Décidément ces fleurs sont très utiles.

 Les champs bien entretenus par les travailleurs fagoulins en produisent beaucoup, mais il en veut plus, encore plus, toujours plus ! Pour cela, il lui faut donc plus de jardiniers. C’est pour cela qu’il doit capturer les Fagoulins qui ont réussi à leur échapper pendant l’invasion de Genessépa. Ces informations données par les trolls tombent très bien, se dit le MarChéChal en souriant. Les éclaireurs en face de lui frissonnent d’inquiétude lorsqu’il voit un sourire méchant se dessiner sur la face de leur chef.

Le MarChéChal rassemble sans tarder sa troupe. Perché sur barrique, il harangue ses soldats à propos de la fierté fagottine et de vengeance contre les Fagoulins. Ce n’est pas très efficace. La troupe parfaitement alignée en plusieurs rangs, s’en fiche royalement. Les fiers guerriers baillent, regardent les mouches ou les papillons volés, se grattent les fesses d’ennui, ou même s’endorment debout.

Alors leur chef parle récompense :

— Grâce à ces prisonniers il y aura des Fleurs à Baba en plus pour tout le monde !

Rien ne se passe ou presque une étincelle par-ci par-là, il reprend donc :

— BEAUCOUP de Fleurs à Baba en plus. A VOLONTE même !

Enfin les yeux s’allument, les torses se bombent, la perspective de Fleurs à Baba à profusion les motive beaucoup plus. D’ailleurs, ils sont tous pressées d’aller déloger ces crétins de Fagoulins maintenant. Les soldats s’agitent, n’arrivent plus à rester en ligne. Il y en même un qui crie à la place du chef :

— En avant !

Et les premiers s’ébranlent sous les yeux du MarChéChal qui n’en revient pas de voir partir son armée sans qu’il en ait donné l’ordre. Il reste debout, ses longs bras ballants, la bouche grande ouverte, les yeux écarquillés. Quelques Fagoulins qui passent par là pour faire leur travail ne peuvent pas s’empêcher de se moquer en cachette de cet officier ridicule. Enfin, celui-ci réalise que sa troupe disparaît toute seule dans la forêt. Il part en courant pour la rattraper criant :

— Attendez-moi bande d’incapables, pignoufs, têtes d’Artolus[1] !

La cohorte pourvue maintenant de son chef se dirige vers le camp des Fagoulins renégats. Ils avancent très vite mais sans bruit. Il va pourtant leur falloir une bonne partie de la journée, de la nuit et de la journée d’après pour atteindre l’objectif.

Chez les réfugiés fagoulins qui ne se doutent de rien, Pakar et William se réveillent en fin de matinée après quelques heures de sommeil. Assis face à face, les yeux encore plein de sommeil, ils se regardent. Non loin, ils entendent Glaïeul bercer son enfant qui pleure encore. Deux Fagoulins qui passent près de leur hutte se désolent de devoir faire dormir leurs vieux parents dans l’humidité et le froid. La vie dans la forêt est difficile pour les Fagoulins. Sans se parler, les deux enfants se lèvent bien déterminés à sortir leurs amis de cette situation.


[1]. un oiseau très bête qui vit en pays Fagottin

(à suivre)

©Priss

Bye-Bye car jeunesse roman


Précédent Suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cancel Laisser un commentaire

keyboard_arrow_up