menu Menu
Bye-Bye Car, chapitre vingt-deux 
Par Priss Publié dans Histoires Jeunesse sur 30 mai 2020 Un commentaire 18 minutes de lecture
Blizzard  Précédent Bye-Bye Car, chapitre vingt et un  Suivant

Chapitre à rebondissements dans lequel, entre autre, les Fagoulins passent la frontière en catimini, le MarChéCal et son armée tombent sur les Stalactites couineuses. Pour relire le vingt et un, c’est ici.

Bye-Bye Car, chapitre vingt-deux

L’après-midi est bien avancé quand Pakar et William ont enfin réussi à réunir les Fagoulins dispersés dans la forêt. Il a fallu les dénicher. Et c’est même seulement à la veillée du soir que le projet est exposé. Rien ne sera simple. Il faudra se cacher, marcher longtemps et très discrètement. Deux groupes seront constitués, d’abord les familles et les enfants, ensuite le reste des Fagoulins. Rose guidera le premier groupe, Pakar et William le deuxième.

Curieusement, les discussions et contestations sont cette fois peu nombreuses. Non lecteur.trice, ne crois pas que Pakar et William soient devenus d’excellents orateurs ! Même, il leur arrive de s’embrouiller un peu dans leurs explications. Mais Pakar est le fils de sa mère, cela doit jouer.

— Que tout le monde soit prêt demain soir, décrète-t-il pour finir. Mais il n’ajoute pas : « Fagoulin, sinon rien », il n’y a jamais vraiment cru.

Les Fagoulins sont si épuisés et effrayés, qu’ils s’en remettent à deux enfants, et décident de faire confiance à Rose.

Le lendemain, les Fagoulins sont fébriles. Ils tentent de se préparer au mieux mais tout le monde s’inquiète de ce périple. Beaucoup n’ont plus confiance en personne et préféreraient rester dans la forêt malgré la menace de l’armée fagottine. C’est en début de soirée que tout s’accélère. Le guetteur posté devant le « trou » du mur vient alerter Pakar et William. Rose a entendu une conversation au marché troll. Troll en Charge aurait contacté les Fagottins, leur armée s’avance vers le camp. Les Fagoulins doivent quitter la forêt tout de suite ! Le premier groupe part sans attendre, sous la conduite de Rose. Après avoir ramassé quelques affaires qui leurs restaient, le suivant ne tarde pas, guidé par William et Pakar.

Les Fagoulins cheminent silencieusement, apeurés, ils regardent tout autour d’eux en serrant leurs enfants ou leurs affaires contre eux. Leurs pas sont légers sur le sentier qui mènent au pied de la montagne. A la tête du deuxième groupe, William respire l’air du pays troll. Par rapport à celui de la forêt, il est plus sec. Son nez se sent plus à l’aise. L’humus de la forêt a disparu remplacé par une vague odeur de fleur semble-t-il, et de sel. Un peu plus loin, il reconnaît la pierre mobile qui marque l’entrée la galerie. Il se sent soulagé d’arriver bientôt.

Pakar lui est troublé par le silence. Pas de bruits d’oiseaux, ni de lézards qui se cachent sous les feuilles en les faisant craquer, pas de cailloux qui roulent. Rien sauf un murmure lointain. Puis le murmure enfle de plus en plus. Des cris portés par le vent se font entendre et un instant plus tard, il aperçoit une masse grouillante au niveau du mur.

— Les Fagottins ! crie-t-il

Les Fagoulins se mettent à courir, dépassant William qui ne peut pas aller aussi vite. Devant, ses amis ont déjà atteint l’entrée. Derrière, il voit la troupe fagottine qui le talonne de plus en plus. La distance entre eux rétrécit. Le garçon ne peut pas courir aussi vite que les Fagoulins. Que-faire ? Il aperçoit Pakar debout près du rocher mobile qui l’encourage. William lui fait signe de fuir, ce n’est pas la peine qu’il se fasse prendre lui aussi. Le Fagoulin hésite. Il ne veut pas laisser tomber le garçon. Mais William insiste en faisant encore un signe, alors il s’enfonce dans la galerie. Le garçon arrête sa course pour faire perdre un peu de temps aux Fagottins. Rien ne lui sert de courir maintenant. Si il ne peut pas utiliser ses jambes pour fuir ou les éloigner des Fagoulins, il peut sûrement se servir de sa tête. D’ailleurs, il a une idée…

Les Fagottins ont rattrapé William sur le sentier qui mène vers la montagne Troll. Le MarChéChal est perplexe devant ce garçon. D’où sort-il celui-là ? Quel est l’Enchanté qui l’a laissé traîner par ici ? Le MarChéChal se gratte les narines en le dévisageant. Cela faisait bien longtemps qu’il n’ en avait pas vu un. Toujours aussi laids ces humains. Enfin, il semble connaître le chemin de la cachette de ces renégats. Et il n’a pas résisté longtemps lorsqu’il lui a ordonné de les aider à rattraper les Fagoulins fugitifs. Peut-être a-t-il peur ? Le chef militaire ne se souvient d’aucun enfant humain qui  ait jamais eu peur, pourtant. Que cache celui-là ? Tout cela semble bien trop facile. Et si jamais il en voulait à mes Fleurs à Baba ? s’inquiète le MarChéChal. Pas question que ce petit d’humain ne lui vole ses fleurs bien aimées…Le chef fagottin est en plein dilemme, or le temps presse ! Les fugitifs  ont déjà pénétré sous la montagne pour s’y cacher. Tant pis, il va suivre l’enfant, et s’occupera de son cas plus tard.

A présent, William marche assez tranquillement devant les soldats fagottins. Le MarChéChal le suit de près d’un air soupçonneux. Devant le rocher mobile, le garçon sort un cristal lumineux que Rose lui offert. La lumière gêne un peu le premier rang de la troupe. Le chef aux narines toujours sales grogne :

— Que fais-tu, tête d’humain ?

William s’en moque. Il franchit l’entrée puis jette un coup d’œil sur les signes gravés par Rose… et prend le chemin inverse : il a décidé de les perdre dans le dédale de la montagne, quitte à se perdre aussi lui-même.

Le tunnel qu’il a emprunté grimpe sur quelques longueurs. Les couleurs chatoyantes du cristal les accompagnent dans la profondeur de la montagne. A chaque intersection, William prend une galerie au hasard puis laisse des indices pour pouvoir retrouver son chemin ou bien que quelqu’un le retrouve.

Au bout d’un certain temps à tourner dans les galeries, les soldats en manque de Fleurs-à-Baba s’impatientent. Le MarChéChal s’impatiente aussi. Il bouscule William une ou deux fois, le menace cinq fois en postillonnant sur son visage de fouineur. Le satané gosse a intérêt à le conduire au bon endroit sinon, sinon…il lui en cuira.

Quant à William, il se dit qu’il serait peut-être temps de leur fausser compagnie. Le chef avec ses médailles ridicules accrochées sur son uniforme, commence à avoir des soupçons. Lorsqu’ils débouchent sur une galerie d’où pendent les Stalactites Couineuses, le garçon se souvient de l’avertissement de Rose. Pourtant, il ne dit rien quand il voit les soldats les toucher pour les faire pleurer. Discrètement, il racle ses fonds de poche pour y trouver un peu de mousse qu’il met dans ses oreilles.

Le MarChéCHal regarde atterré ses soldats qui s’amusent à tripoter les pierres du plafond en souriant comme des benêts. Ces idiots ont tellement mâché de Fleurs-à-Baba qu’un rien les amuse. Déjà les stalactites ont commencé leurs jérémiades en sourdine :

— mouaaa moiaaa mouaaa

— tri triii triii triiiii

— pabopabopabopao

— ste ste ste ste ste

— mmmmmm mmmm

— al al al al al al al

— sn sn sn sn sn

— iff iff iff iff

Les soldats rient tellement maintenant qu’ils en ont un peu oublié leur mission. Les stalactites, toujours dérangés, par les soldats pleurent de plus en plus fort. A grand renfort de gestes, le MarChéChal essaie tant bien que mal de ramener de l’ordre dans les rangs de son armée. Mais malgré ses gesticulations, aucun de ses soldats ne l’écoute. Qu’il est tombé bien bas ce MarChéCHal…Les stalactites couinent toujours.

— mouaaa moiaaa mouaaa

— tri triii triii triiiii

— pabopabopabopao

— ste ste ste ste ste

— mmmmmm mmmm

— al al al al al al al

— sn sn sn sn sn

— iff iff iff iff

La troupe fagottine s’emballe devant ce nouveau jeu très drôle, les Fagottins cognent, tripotent ou secouent de plus belle les stalactites. Le MarChéChal pendant ce temps court toujours de l’un à l’autre pour tenter de les arrêter. Peine perdue, les soldats au cerveau ramolli par les Fleurs à Baba ne l’écoutent plus. Ils ne pensent qu’à jouer avec ces satanées pierres. Leur chef, qui dû quitter sa Feuille-Hamac pour ces grottes sombres, ne sait plus comment se faire obéir par ses soldats. Quels incapables ! Et idiots avec cela ! Le pire c’est que ses narines commencent à se boucher de plus en plus. L’air humide des tunnels ne convient pas à son nez si délicat, si sensible. Il éternue et un gros paquet de morve vient s’écraser sur ses pieds. Le MarChéChal est dégoûté par le liquide verdâtre qui s’écoule sur ses orteils. Sous la montagne, les couinements se sont changés à présent en pleurs :

— mouaaa moiaaa mouaaa

— tri triii triii triiiii

— pabopabopabopao

— ste ste ste ste ste

— mmmmmm mmmm

— al al al al al al al

— sn sn sn sn sn

— iff iff iff iff

Certains Fagottins plus sensibles au bruit et le MarChéChal se bouchent les oreilles mais d’autres continuent d’ennuyer les Stalactites-Couineuses. Se doutant de ce qui allait se passer, William s’éloigne discrètement vers une prochaine galerie. Et il fait bien cher lecteur, car voilà que les stalactites ne couinent plus, mais hurlent des sons stridents qui font saigner les oreilles des Fagottins.

— AAAAAAAAEEEEEEEEEIIIIIIIIIIIIIOOOOOOOOOOUUUUUU

Les parois de la galerie en tremblent. Des rochers tombent sur la troupe complètement désorganisée. Les soldats foncent dans tous les sens en se tapant la tête contre les parois ou bien sur les stalactites qui hurlent donc encore plus. Devenus sourds, ils n’entendent pas les ordres de leur chef qui a repris ses gesticulations de marionnette et s’égosille en les menaçant de leur couper la tête… de leur couper une jambe, puis les deux… et même de leur couper leur approvisionnement en Fleurs à Baba ! Rien n’y fait. C’est le chaos. La grande armée fagottine, du GRAND MarChéChal se comporte comme des fourmis dont la fourmilière vient d’être détruite. C’est à dire n’importe comment !

Pendant ce temps, William protégé par la mousse dans ses oreilles, s’amuse beaucoup des malheurs des Fagottins. Il en remarque même deux qui se heurtent et tombent assommés. De grosses bosses gonflent sur leur front. A ce spectacle, le garçon rit tellement qu’il en oublie de s’enfuir. C’est une erreur, car le chef aux médailles cliquetantes, l’a rattrapé. Au comble de la fureur, le MarChéCHal pousse violemment William plus en avant dans la galerie où il le bloque contre une paroi. Une fois à l’abri du bruit et des pierres, celui-ci menace le garçon :

—  Tu as fait exprès, fulmine-t-il, je vais t’arracher les yeux si tu ne me conduis pas tout de suite vers les Fagoulins renégats.

Le MarChéChal est très fort. Il a saisi William à la gorge. Son visage déformé par la colère fait encore plus peur sous la lumière du cristal. Ses muscles des bras sont gonflés comme des ballons.  Aux manches, son uniforme noir se déchire par endroit. Certains Fagottins qui ont réchappé au vacarme se massent maintenant derrière-lui. Ils ont l’air sauvage… William ne sait plus vraiment quoi faire quand une voix claironne.

— Venez-monsieur le chef des Fagottins, je suis venue pour vous guider.

Les Fagottins derrière leur chef se poussent et laissent passer une Fagouline. C’est Rose !

William s’écrie :

— Fuis Rose, ils veulent vous capturer pour vous réduire en esclavage.

Mais Rose sourit à l’officier et s’incline devant lui. Le MarChéChal ne sait plus quoi penser. Il se méfie : il s’est déjà fait avoir par cet humain ! Il ne les a jamais supportés ceux-là de toute façon ! La Fagouline relève la tête et lui sourit de plus belle.

— Oh grand MarChéChal, que vos narines sont grandes ! Permettez-moi de les curer pour vous en signe de gratitudes pour avoir libéré Genessépa.

William veut protester mais les doigts du MarChéChal qui entourent encore sa gorge, se referment encore. Pendant ce temps, Rose sort un bâton et tranquillement nettoie les narines du chef militaire. Les autres Fagottins les regarde avec envie. Leurs narines auraient aussi bien besoin d’un coup de curette.

Malgré lui, le MarChéChal sourit à son tour. Des frissons de bonheur courent dans son dos. Ses narines se libèrent. L’air circule à nouveau dans son nez. Le grattement de la curette lui procure une sensation d’apaisement. Il en fermerait presque les yeux si seulement cet affreux humain disparaissait…

— Je vois que ce garçon vous a égaré sous la montagne, ajoute Rose tout à sa tâche dégoutante

Profitant de cet instant de bonheur, le MarChéChal préfère ne rien répondre et puis on ne sait jamais. Il doit rester sur ses gardes.

— Ces humains ne sont jamais fiables, je n’ai jamais compris pourquoi les Enchantés nous imposaient leur présence malodorante, reprend la Fagouline.

 Décidément, cette Fagouline commence à plaire au MarChéChal. Lorsque Rose a terminé de s’occuper des narines, elle lui tend un morceau de champignon.

— Vous devez avoir faim.

Le chef fagottin hésite un court instant. La Fagouline le regarde l’air soumise et paisible. Que peut-il arriver de plus dans ces tunnels ? De toute façon, il a faim et commence à regretter d’avoir quitté Genessépa. Il hausse les épaules. Comme s’il avait eu le choix ! Il ne peut faire confiance à aucun de ces soldats.

Finalement, tout heureux de cet en-cas inattendu, il lâche William et saisit le champignon qu’il gobe. Le champignon est si fondant, si gouteux…comme ceux qu’ils mangent à Genessépa. Le MarChéChal regrette sa maison-souche qu’il s’est si durement approprié. Il veut rentrer se balancer dans sa Feuille Hamac et se faire curer le nez toute la journée. Mais d’abord, il doit retrouver ces renégats pour cultiver encore plus de Fleurs à Baba à Genessépa. Son petit commerce en dépend. Il prend une décision :

— Finissons-en avec cette vermine fagouline, j’ai à faire ! 

Alors, Rose attrape le MarChéChal par le bras pour le conduire dans une galerie attenante. Les Fagottins encore debout le suivent en emmenant William. Le garçon est abasourdi par la traîtrise de la Fagouline. Il bout de colère. Comment-peut-elle faire cela ? Le petit groupe continue son chemin dans les galeries lorsqu’ils atteignent une cavité. Elle ressemble à la cachette des Fagoulins sauf que la rivière n’y passe pas et qu’une odeur désagréable parfume l’air, une odeur de pets, pense William, les pets de Mamé. Des boules qui ballotent dans les courants d’air sont accrochés au sol par des lianes vert caca-d’oie. Derrière l’une d’elles, William aperçoit un bonnet bien connu : celui de Pakar. Des bruits et des ombres passent subrepticement dans la forêt de ballons. William distingue même de grosses mains par endroit. Bizarre d’où-viennent-elles ? A qui appartiennent-elles ?

Le groupe avance toujours, le MarChéCHal grommelle à cause de l’odeur, les soldats, eux, à cause du manque de Fleur-à-Baba. Ils aimeraient bien rentrer pour en avoir. Rose toujours sereine marche un peu en avant. William réussit à échapper aux Fagottins, il la rattrape et chuchote :

— Qu’est…

— Chut ! dit-elle en lui plaquant une fleur bleue sous le nez. Garde le Fleur de Masque et attache les feuilles ensemble autour de ton crâne.

Puis elle le tire dans un recoin en criant :

— Fagoulin sinon rien !

Des voix lui répondent:

— Troll pour toujours ! A bas l’envahisseur !

Dans d’énormes bruits de pets, les ballons-boules éclatent en laissant échapper un gaz jaune qui incommode les Fagottins. William attache vite son Fleur de Masque car le peu qu’il a reniflé le rend nauséeux: une odeur de chacal moisi se mêle à un vieux reste de fromage rance, bien pire que les pets de Papé et Mamé réunis. Il ne croyait pas que cela était possible.

Le MarChéChal s’étouffe de rage :

— Trai…

Il n’a pas le temps de finir sa phrase : le gaz est si toxique qu’il met K-O toute la petite troupe sauf William et Rose protégés par les Fleurs de Masque.

Rose l’entraîne plus loin, ses complices les suivent dans un dédale de galeries, Pakar, Glaïeul mais aussi, au grand étonnement de William, des Trolls. Arrivé à un embranchement, ces derniers unissent leur effort pour bloquer le chemin avec un Rocher de Troll, comme l’explique Rose à William :

— Ces pierres ne peuvent être bougées que par les trolls. Les Fagottins ne passeront pas.

— Bien content de te revoir William ! s’écrie Pakar.

— Oui moi aussi.

— Tu as été malin d’essayer de les perdre. Je comprends mieux pourquoi BarJ est venu te chercher.

— Il est venu me chercher ? Mais ? Il ne savait même pas où aller !

Rose sourit :

— Les Enchantés eux-mêmes ne savent pas toujours pourquoi ils font les choses avant que la suite de leurs aventures n’arrive. Ils font souvent ce que leur chuchotent les Murmures enchantés, mais eux ne leur expliquent jamais rien.

— Les Murmu-quoi ? s’interroge William, mais qu’est-ce que c’est ?

— Ce sont des sortes de guides, si tu veux.

William ne croit pas beaucoup à ces salades de guides ou de Murmures Enchantés. Il pense plutôt que BarJ s’est trompé.

— Oublie-ça dit Pakar en lui donnant une grande tape dans le dos. Allons-nous reposer au sec. BarJ t’expliquera sûrement tout plus tard.

Tous se mettent en route vers l’abri sous la montagne. William fatigué de toutes ces émotions, et en peu retrait marmonne :

— Mouais…si il revient.

(à suivre)

©Priss

Bye-Bye car jeunesse roman


Précédent Suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cancel Laisser un commentaire

keyboard_arrow_up