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Bye-Bye Car, Chapitre six
Par Priss Publié dans Histoires Jeunesse sur 11 avril 2020 2 Commentaires 8 minutes de lecture
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Voici la suite des aventures de William et Pakar. Pour fêter ce week-end tout en chocolat, je publie non pas un, mais DEUX chapitres, le six et le sept.

Ici tu trouveras le numéro six, qui est celui de leur rencontre. Si tu veux lire ou relire le chapitre précédent clique ici

A la fin de ta lecture, tu trouveras le lien vers le sept.

Bye-Bye car, chapitre six

William décide de continuer son périple, il avance dans la direction opposée à celle d’où venait les créatures, il n’est pas sûr que ce soit une bonne idée de rencontrer « l’ennemi poilu », mais il est assez certain de ne pas vouloir se faire torgnoler en suivant les deux autres. Il marche, marche, marche encore longtemps puis arrive sur un sentier de terre grise où il se retrouve nez à nez avec une créature à poils roux qui porte un bonnet jaune. Comme les deux autres dans la forêt, cet être est aussi grand que lui, a aussi des bras très longs et de grosses narines. D’ailleurs, il leur ressemble. Les seules différences sont le pelage et le bonnet. Serait-ce l’un des fameux « poilus » ? Il n’a pourtant pas l’air si terrible.

Portant son regard plus loin, William aperçoit une multitude de souches géantes blotties soit au pied des immenses arbres, soit sous des fleurs géantes. Visiblement, ces souches servent de maison sinon pourquoi auraient-elles des fenêtres ou des portes ?

— Tu es réveillé, remarque le poilu qui ne semble pas surprise de le voir ici.

— Oui, répond William circonspect.

Comment se fait-il que l’être au poils roux ne soit pas étonnée de rencontrer un enfant humain ici ? Il le lui demande :

—Tu, tu n’es pas étonné de me voir ?

— Non et toi ?

William doit bien admettre que lui non plus ne l’est pas. Tout cela est bien étrange. Le duo se regarde des pieds à la tête avec intérêt. Soudain, le poilu attrape sa main pour le pousser à l’écart dans un bosquet de fleurs bigarrées très belles, mais qui puent vraiment le chacal moisi d’après William. Il se bouche le nez en râlant :

— Berk

— Chhhhuuutttttt, répond son camarade à bonnet. L’armée va passer, il ne faut pas qu’ils te voient.

— Quoi?

William se demande où il peut-être. Une armée ? Puis un grondement monte sur sa gauche. Il risque un œil, quelque chose bouge à l’horizon, mais non ce n’est pas l’horizon en fait… une marée jaune déferle sur le petit sentier. Des centaines de créatures poilues en uniforme jaune courent sur leurs quatre membres. À leur tête, la première porte un nœud violet sur son crâne. William a à peine le temps de la voir qu’elle accélère en criant :

— Fagoulins sinon riennnnnnnn !

La marée rugit pour répondre passe en trombe devant le bosquet (mais en l’évitant soigneusement, car il pue trop) puis la forêt redevient silencieuse. Près de William, la créature pleure, renifle pour empêcher un gros paquet de morve verdâtre couler de son nez. Le garçon lui tend le mouchoir qu’il gardait dans sa veste de pyjama.

— Tiens, il est utilisé, mais c’est tout ce que j’ai.

— Merci, répond l’autre en s’essuyant le nez avec sa manche.

— Mais…

William n’a pas le temps de finir sa phrase qu’il prend son mouchoir pour le gober.

— Mmmm, délicieux, merci.

William fait la grimace, l’inconnu a mangé son mouchoir sale et l’a apprécié ! En plus, il parle la bouche pleine. DE-GOU-TANT. Mais comme il est un petit garçon poli, il n’ose rien dire et patiente en attendant qu’il ait fini de mastiquer son mouchoir. Avec une bouche enfin vide, la créature poilue se présente :

— Je m’appelle Pakar

— Et moi William, enchanté.

— Tu es un Enchanté ? C’est formidable, moi je suis un Fagoulin.

— Un Enchanté ? Non, non, je suis un garçon.

Pakar, puisque c’est le nom de la créature, le regarde d’un air bizarre :

— Un garçon ? Jamais entendu parler. C’est dangereux ?

William est perplexe : est-il dangereux ? Après réflexion, il se dit que non et le fait savoir à Pakar qui lui sourit.

Puis, d’un geste, Pakar lui montre la ville de souches plus loin :

—Viens, allons au village. Chez moi, tu pourras mettre autre chose que ces drôles de vêtements.

En le suivant sur le sentier gris, William boude un peu, car ceux de Pakar ne lui semblent pas moins étranges, et d’abord où se trouve-t-il ? Le garçon finit par demander :

— Où sommes-nous ?

— Dans mon village à Genessépa.

William se rappelle sa conversation avec le conducteur à bretelles et comprend mieux pourquoi il a atterri ici. Quel crétin ce conducteur !

Ils marchent un moment en silence. Parmi toutes les questions, qui lui trottent dans la tête, William se décide à poser celle-ci :

— Pourquoi êtes-vous en guerre ?

— Les Fagottins ont tenté de franchir notre frontière, la brèche. Depuis longtemps, ces Oreilles Courtes veulent nous envahir.

Un peu dépassé, William s’interroge encore. La Brèche ? N’est-ce-pas ce dont discutaient les créatures grises qu’il a vues aux environs de la hutte ? Leurs oreilles étaient courtes.

— Ils vous ressemblent ? ose-t-il.

Pakar grogne :

— Un peu mais ils sont mauvais, tu sais. De terribles choses arrivent aux peuples qui se font envahir par les Fagottins. Y’a qu’à voir ce qu’ils ont fait aux Gnomes. On entend plus parler d’eux.

— Les gnomes ? Mais ça n’existe pas.

— Voilà, c’est bien ce que je dis. C’est grave, les Oreilles Courtes ont réussi à éradiquer tout un peuple. Plus personne ne se souvient d’eux, sauf nous.

William est perplexe. Ce raisonnement est logique, mais quand même un peu inquiétant. Si l’on suppose que les gnomes ont existé, alors qu’en est-il des autres créatures imaginaires: les sorcières, les sorciers, les loups-garous, les vampires, etc ?  Sont-ils eux aussi réels ? Que c’est effrayant !

Ce moment d’inquiétude est rapidement dissipé, car William est un garçon courageux, qui ne se laisse pas faire ni par des créatures extraordinaires ni par des camarades peu sympathiques.

Pendant ce temps, Le Fagoulin poursuit sa réflexion philosophique à voix haute :

— Si nous disparaissons aussi, vraiment plus personne ne saura que les Gnomes ont existé, ni même nous les Fagoulins. Nous ne sommes déjà pas très connus.

Le cœur de William se serre en entendant la conclusion désabusée de Pakar. Il intervient :

— Mais je le saurais, moi.

Le Fagoulin soutient son regard.

— On verra. Je ne sais pas ce que les garçons valent…

William vexé lui répond :

— C’est vrai. Après tout moi non plus, je ne sais pas ce que les Fagoulins valent.

Pakar s’arrête un instant, les deux petits s’observent en s’évaluant. Puis le Fagoulin acquiesce :

— Tu as raison, William.

Le duo reprend son chemin en silence, l’un et l’autre réfléchissent.

Ils arrivent enfin devant une maison au pied d’une fleur géante à la tige jaune, Pakar invite son compagnon à y rentrer. À l’intérieur, le sol est tapissé d’herbe douce et odorante. Il n’y a personne.

— Tu vis tout seul ?

— Non, mais mes parents sont partis à la guerre. Tu as vu ma mère en tête de l’armée. Elle la dirige, c’est notre Généralissime. Mon père lui y est cuisinier. Ils s’en vont souvent.

William comprend enfin pourquoi Pakar pleurait tout à l’heure. Lui aussi déteste quand ses parents partent. Mais pour Pakar, c’est pire : les siens ne reviendront peut-être jamais.

(à suivre)

Le chapitre sept est en ligne ici

©Priss

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