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Bye-Bye Car, Chapitre sept
Par Priss Publié dans Histoires Jeunesse sur 11 avril 2020 Un commentaire 7 minutes de lecture
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Voici la suite des aventures de William et Pakar. Pour fêter ce week-end tout en chocolat, je publie non pas un, mais DEUX chapitres, le six et le sept.

Ici tu trouveras le numéro sept, dans lequel…tu verras bien !

Bye-Bye car, chapitre sept

Au sommet du mont Perlin, les Enchantés se réunissent dans la neige épaisse. L’odeur de leur magie est très forte, on sent le caramel partout sur la montagne.

 Quelques dragons, licornes, ou manticores patientent en attendant leur équipier d’Enchanté. Mais la monture la plus mystérieuse parmi toutes reste la voiture volante de BarJ l’Enchanté à bretelles (Mais oui ! Alors ça y est ? Tu l’as reconnu ?).

Unique dans sa catégorie, cet Enchanté aime par-dessus tout le bidouillage, mais assez peu les bavardages, sauf si c’est lui qui parle. Assis sur un bloc de glace, BarJ fait glisser impatiemment entre ses doigts son chapeau melon pendant qu’il écoute l’Enchantée Elue retracer les derniers évènements.

— Les Fagottins ont franchi la frontière fagouline. La brèche a cédé malgré tous nos efforts.

C’est justement ce qui intrigue BarJ. Triturant toujours son chapeau, il demande :

— Comment cela a-t-il pu arriver ? Nous avions tous participé à l’Enchantement de protection.

Murmure d’approbation parmi l’assemblée. Grande et élancée, l’Enchantée Elue se dresse sur une grosse pierre noire. Sa cape bleu nuit vole au gré du vent froid, et ses cheveux s’emmêlent tellement tant qu’ils viennent se fourrer dans sa bouche. Elle doit en recracher une poignée avant de poursuivre :

— C’est bien le problème. Quelqu’un que nous n’avons pas identifié a dû les aider.

BarJ trouve finalement cette réunion très intéressante. Les seuls capables de modifier des Enchantements sont les Enchantés, ou bien… mais ça, il ne veut même pas y penser, car ça porte malheur. Cependant, il comprend mieux pourquoi les Murmures Enchantés l’ont guidé vers William. Il inspire un grand coup, s’apprêtant à prévenir ses collègues de la présence du garçon à Genessépa quand l’Enchantée Elue ajoute :

— Dorénavant plus d’enfants à Genessépa tant que l’on ne sait pas ce qui se passe. Interdiction formelle. BarJ c’est ton secteur, est-ce compris ?

— Mais…

— Non, non, c’est trop dangereux pour les enfants.

 BarJ a à présent peur de parler. Il demande tout de même :

— Doit-on même ignorer les Murmures Enchantés ? Nous savons tous qu’ils n’hésitent pas à intervenir pour demander leur venue. L’Enchantée Elue soutient son regard, puis réplique :

— Cette fois-ci, oui. Tant que nous ne savons pas qui est en face, plus d’enfants chez les Fagoulins. Je sanctionnerai ceux qui désobéissent en supprimant leurs Enchantements. Et je recommande fortement aux autres secteurs d’en faire autant. Nous ne pouvons pas nous permettre de mettre en danger les petits humains qui nous sont confiés. À présent, examinons les possibilités que nous avons pour contrer les Fagottins.

Un débat entre les Enchantés débute, mais BarJ n’écoute plus rien. Bien embêté, il réfléchit à un plan pour ramener William chez lui au plus vite. Si l’Elue le découvre, ça va barder pour lui. C’est tout décidé : il décollera aussitôt la réunion terminée. Mais ses projets semblent largement compromis quand le brouhaha des conversations cesse et que l’Enchantée Elue lui ordonne :

— BarJ, tu dois découvrir qui est derrière tout ça, sinon nous ne pouvons rien faire. De tes renseignements dépendra la suite de nos actions.

— Quelqu’un d’autre peut y aller…

— C’est ton secteur, à toi d’y aller.

L’Enchanté Bougon pointe une chose assez désagréable pour BarJ :

— Justement, il n’a rien vu. Est-il seulement capable de quoi que ce soit ?

BarJ baisse la tête, honteux, car Bougon a raison. L’ Enchantée Elue répond :

— Ce sera l’occasion pour BarJ de montrer ses compétences d’Enchantements. Tout le monde a droit à l’erreur.

Piqué dans son orgueil, BarJ en oublie William. Gonflant sa poitrine, il acquiesce :

— J’irai, et je trouverai.

— Très bien. Nous serons là en cas de besoin.

Tous les Enchantés hochent la tête pour montrer leur accord. Puis l’assemblée se sépare, chacun reprenant sa monture. BarJ s’attarde un peu, car sa voiture n’aime pas trop le climat du mont Perlin. Par temps de neige, BarJ doit faire tourner le moteur à Tourbillons Dynamique[1]s un bon moment avant le décollage. L’Enchanté Bougon qui a émis des doute sur les compétences de BarJ est encore là lui aussi. Il discute avec l’Enchantée Elue. Bien sûr, il n’est pas d’accord avec sa décision de laisser BarJ recueillir les renseignements.

— Il va se faire repérer, c’est sûr.

— Tu le sous-estimes, Bougon.

— Ou bien c’est toi qui le surestimes, Enchantée Elue.

— Alors ce sera ma faute et j’en subirai les conséquences.

— J’espère bien.

Ayant eu le dernier mot, l’Enchanté Bougon s’éloigne pour enfourcher sa manticore. Une fois dessus, il s’arrête devant la voiture de BarJ. Une odeur de crème brûlée flotte autour de Bougon et laisse à penser, qu’il est en soit colère, soit jaloux (ou bien les deux à la fois parce qu’avec ce Bougon on ne peut jamais vraiment savoir). Il pile devant BarJ et  lance :

— Ne fais pas tout rater.

À ces mots, sa bête s’envole. BarJ les regarde qui s’éloignent.

— Pas de pression surtout…grommelle-t-il pour lui-même.

Derrière lui, la voix de l’Enchantée Elue remarque :

— Tu connais l’adage : avec de grands Enchantements…

— …viennent de grandes responsabilités. Oui, je sais, mais ce n’est pas mon cas. D’autres ont plus d’Enchantements que moi.

— Je ne suis pas d’accord avec toi. Tu as juste besoin d’apprendre à t’en servir. Mais ils sont là.

Un nuage apparaît, elle y monte avec grâce et il l’emporte sur un courant d’air.

 Désormais seul, BarJ se demande bien comment faire pour mener sa mission à bien. Mais en fait, c’est assez simple. Il n’a plus qu’une chose à faire : se rendre discrètement chez les Fagottins. La voiture, enfin prête, ouvre sa portière.

— Patiente donc, je dois me changer avant.

BarJ tire sur ses bretelles magiques. Sa peau tourne au gris. Alors qu’il rétrécit à la taille d’un enfant, ses narines, elles, grossissent. Ses bras s’allongent pour devenir aussi grands que ses jambes. Ses sourcils et ses cheveux disparaissent, ses vêtements se transforment en un uniforme noir. Ses bretelles s’ajustent, mais restent cachées en dessous. Le voilà changé en Fagottin. La voiture klaxonne, se cabre quand BarJ essaye de monter dedans. Elle n’aime pas trop non plus ces créatures.

— Voyons, tu ne me reconnais pas ?

Finalement, bien que laissant une odeur de caramel qui vire au brûlé, elle décolle.

([1]. Moteur magique!)


(à suivre)

©Priss

Bye-Bye car jeunesse roman


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