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Bye-Bye Car, Chapitre seize
Par Priss Publié dans Histoires Jeunesse sur 9 mai 2020 Un commentaire 8 minutes de lecture
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Chapitre seize, les Fagoulins se retrouvent coincés à la frontière Troll. Ce qui n’a rien de Troll, pardon, de drôle. Pour relire le chapitre quinze, c’est ici

Bye-Bye car, chapitre seize

Après des heures de marche dans la forêt, William, Pakar et tout le groupe des Fagoulins rescapés aperçoivent au-dessus des arbres le seul pic pointu du coin : celui de la montagne Troll. Malgré leur fatigue, ils poussent des cris de joie puis accélèrent pour enfin atteindre la frontière. Les grands portent les petits, les valides soutiennent les boiteux. Tout le monde oublie ses ampoules aux pieds, ses blessures et sa peine. Juste après l’orée de la forêt, ils atteindront enfin la frontière avec le Pays Troll. Mais, à leur grand étonnement, un mur de pierres presque aussi haut que des arbres, s’étend à perte de vue sur toute sa longueur.

— Il a l’air de faire le tour du pays Troll, constate Pakar qui regarde à gauche et à droite.

Un gros rocher bloque la seule entrée qui mène chez leurs voisins Trolls. Deux paires de yeux surmontés d’un crâne chauve apparaissent dans un trou de l’édifice. Un grognement les accueille mais les Fagoulins ont beau se tordre le cou, ils ne voient pas la bouche d’où il provient.

— Elle est probablement cachée par les pierres, remarque le voisin de Pakar.

Un conciliabule sur la bouche que l’on ne voit pas, mais qui a pourtant grogné s’ensuit. BarJ lève les yeux au ciel : comme si c’était le moment ! Il essaye de raisonner les Fagoulins qui ne l’écoutent pas. C’est un petit peu le bazar quand un tonnement, cette fois provient, de derrière le mur :

— Alors, que voulez-vous ?

Le voisin de Pakar s’avance.

— Nous demandons l’asile car nous avons été envahis.

Puis, des pas se font entendre, puis plus rien. Les Fagoulins, pleins d’espoir recommencent à sourire, s’imaginent à l’abris, rêvent de tapis de mousse à l’abris ou de fleurs à se mettre sur les oreilles. Les pas reviennent, dans un vacarme croissant cette fois.

— Hmpf !

— Demande d’asile rejetée. Vous ne pouvez pas entrer en pays Troll.

Les Fagoulins sont atterrés. BarJ lui s’en doutait un peu.

— Salutations. Je suis BarJ l’Enchanté, pourrais-je connaître le motif ? Vous connaissez sûrement la convention d’entraide du petit peuple, la CEPP ? Votre pays l’a signée, il ne peut pas refuser la demande des Fagoulins.

— Hmpf ! J’obéis aux ordres.

— Allez-demander à vos chefs.

— C’est ce que j’ai fait, demander à mon chef.

— Demandez à son chef à lui alors !

Les pas reprennent leur va et vient.

— La demande est rejetée.

— Mais pourquoi, s’énerve BarJ, vous avez signé !

— On m’a dit de vous dire que la convention n’est pas valide car nous ne sommes pas petits, nous les trolls. Nous sommes grands, très grands !

L’Enchanté reste sans voix devant cette logique absurde. Le Petit Peuple c’est eux tous, les Gnomes, les Fées, les Enchantés, les Trolls, les Gobelins, les Fagoulins etc. Ce n’est pas la taille qui compte. Le voisin de Pakar intervient :

— Enfin, ce n’est pas possible ! J’exige de parler avec mon beau-frère, Troll-de-Girolles !

 — Troll-de-Girolles a été arrêté.

— Quoi ! Mais où ça… ? Pourquoi ?

— Pour trahison.

— Impossible ! Où est-il ? Il a droit à une défense, je veux le voir.

— Il a été envoyé en camp de punition.

BarJ s’étonne que les Trolls aient des camps de punition chez eux. Lorsqu’il y a un conflit entre deux individus, ils règlent le différend (lectrice.eur, dans cette phrase, ça veut dire dispute) à coup de massue, puis n’en parlent plus. En dehors de cela, c’est un peuple doux. Quand on est si massif, on a pas vraiment besoin de faire la guerre aux autres !

Le voisin de Pakar est atterré. BarJ en profite pour poser sa question :

— Où se trouve-le camp ? Je suis un Enchanté, vous devez m’y conduire. Ce sont les règles d’Enchantements.

Les yeux du troll sont drôlement embêtés, quand il répond :

— Les….les Fagottins prennent en charge nos prisonniers en échange de Fleurs-à-Baba.

Alors là, c’est la meilleure ! En échange de fleurs !? BarJ ne sait plus quoi penser.

— Je veux voir un responsable, tout ceci est ridicule.

— J’ai mes ordres, allez oust ! Personne ne veut voir des Fagoulins pleurnichards ou des donneurs de leçon Enchantés ! répliquent les yeux du Troll de Garde qui disparaissent.

BarJ n’en revient pas, quel toupet ! Les Fagoulins, eux, n’ont plus de courage. Les enfants pleurent de fatigue et les adultes reniflent de détresse. BarJ décide de les installer pas trop loin du mur des Trolls en espérant que ceux-ci changent d’avis. Ceux qui ont encore de la force montent des huttes avec William et Pakar, le voisin lui part à la cueillette dans la sapinière pour nourrir au moins les petits. BarJ décide de prendre de la hauteur pour savoir ce qu’il se passe chez les trolls.

A bord de sa voiture volante, BarJ espionne les Trolls. Leur pays est constitué d’un seul grand pic  tout pointu qui « baigne ses pieds » dans un lac. Le dit-pic est traversé de galeries dans lesquelles vivent les habitants. Au premier abord, rien ne semble avoir changé. En contrebas de la montagne, le lac Troll brille toujours de son plus beau vert. Pourtant à y regarder de plus près sur le rivage, BarJ remarque de nombreux bateaux qui sont arrimés dans un port. D’ailleurs avant, il n’y avait ni jetée ni digue, ni port, seulement un ponton de bois destiné aux barques des pêcheurs…BarJ décide de masquer la Bye-Bye Car avec un nuage pour s’en approcher un peu. Il remarque de drôles de fleurs qui remplissent les cales des navires. Les pétales ont une forme de nuage rose, les tiges sont noires. 

Des Trolls Porteurs les transportent dans des sacs de toile entre le port et les galeries. Lorsque par hasard quelques fleurs tombent soudain d’un sac, tous balancent n’importe où leur chargement pour se précipiter dessus et les ramasser. Une bagarre terrible éclate. Le responsable a toutes les peines du monde pour les séparer les Trolls Porteurs qui sortent même des dagues et essayent de se blesser les uns les autres. Le sang coule. BarJ n’avait jamais vu cela-ici. Depuis quand les trolls tentent-ils de se tuer pour des fleurs ? Finalement, celui qui a réussi à les récupérer, fuit la mêlée en courant. Les autres qui le peuvent, reprennent leur tâche, quant aux blessés, ils partent en grognant. Intrigué, l’Enchanté décide de suivre la trace du Troll gagnant et de son butin fleuri.

BarJ le retrouve sur le bord d’une caverne qu’il partage avec d’autres. Tous mastiquent ces drôles de fleurs le regard dans le vide. Rien n’a plus d’importance pour eux que leurs fleurs…L’Enchanté se dit qu’il n’a plus de temps à perdre. Entre les Fagottins qui complotent, les Fagoulins réduits en esclavage ou en exil au bord d’une frontière fermée, des Trolls qui deviennent fous à cause de fleurs, il doit aller prévenir l’Enchantée Elue. Sans qu’il ait besoin de le dire tout haut, la voiture prend le chemin du Mont Perlin. Elle a un peu les phares dans le vide et tangue dangereusement, mais au bout de quelques nuées, cela va mieux.

(à suivre)

©Priss

Bye-Bye car jeunesse roman


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