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Bye-Bye Car, Chapitre neuf et dix
Par Priss Publié dans Histoires Jeunesse sur 15 avril 2020 Un commentaire 8 minutes de lecture
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Lectrice/lecteur, rappelle toi: BarJ a été envoyé en mission sur la Brèche. Dans cet extrait, l’Enchanté fait de tristes découvertes. Si tu veux lire ou relire le précédent clique ici

Bye-Bye car, chapitre neuf et dix

A bord de sa voiture volante, BarJ a quitté le Mont Perlin, il y a deux heures. Dans la lumière de l’aube, il aperçoit enfin l’immense trouée dans la paroi rocheuse que l’on appelle la Brèche.

Sa voiture atterrit sur l’un des deux immenses rochers qui l’entourent. Cette frontière enchantée protège habituellement les autres territoires des projets malveillants d’invasions. Mais aujourd’hui BarJ, transformé en Fagottin, s’étonne à voix haute :

— Que s’est-il passé ?

A la place de la végétation habituelle, un désert de rocaille gris s’étend à perte de vue du coté Fagottin. La dernière fois, la forêt était là, aussi belle que celle du côté fagoulin. Maintenant, plus rien ne pousse, il ne reste plus que des cailloux ainsi que de la petite végétation sèche. Il est pourtant venu il n’y a pas si longtemps. Comment la forêt a-t-elle-pu disparaître aussi vite ? Peut-être aurait-il dû revenir plus tôt, mais voilà son territoire est si vaste. Tous ces mondes à surveiller, parfois un seul Enchanté ne suffit pas.

— Comment est-ce possible ? Comment ai-je pu rater cela ?

 Un petit vent en provenance du coté Fagottin vient lui chatouiller les narines apportant avec lui une odeur étrange, écœurante, comme un mélange de moisi…et de caramel ? Mais non, il doit se tromper ? Il fronce le bout de son nez qui prend l’apparence d’un museau de chien. Pendant un petit instant, BarJ l’Enchanté transformé en Fagottin hume l’air avec un museau de toutou, quel méli-mélo.

Ses narines palpitent au vent, puis son nez reprend la forme de celui des Fagottins. Il hoche la tête. Maintenant il en est certain, masquée parmi les autres, il a bien reconnu l’odeur caractéristique laissée par les Enchantements. Le parfum de caramel provient bien du territoire Fagottin. C’est déconcertant, déroutant, inhabituel car enfin les Fagottins ne sont pas capables d’une telle magie ! Ou bien on les aurait aidés ?  Un Enchanté ? BarJ chasse cette idée trop affreuse de sa tête en la secouant bien fort.

Pourtant, cela expliquerait bien des choses comme par exemple si une Image Magique avait caché la disparition de la forêt ainsi que tous ces changements chez les Fagottins (voire même cette odeur qui pue si fort). BarJ poursuit sa réflexion à voix haute :

— Dans ce cas, ils pourraient tout aussi bien briser le Mur Enchanté que nous avons installé sur la Brèche.

 Mais que préparent ces roublards de Fagottins ? Il doit en avoir le coeur net. A pied, il sera plus discret. Laissant sa voiture sur place, BarJ glisse donc sur la paroi rocheuse pour se diriger vers la capitale. Un tas de questions tourbillonnent toujours dans sa tête, il poursuit son chemin au pas de course.

Il arrive maintenant dans les faubourgs. La dernière fois qu’il était venu, la cité fagottine n’était pas très différente de celle fagouline. Les Fagottins vivaient aussi dans des maison-souches parmi les arbres ou les fleurs géantes d’une forêt. La rocaille grise l’a maintenant remplacée. Vaillamment, quelques minuscules pousses d’arbres ou de fleurs géantes, tentent de grandir entre les pierres. Sur une colline un peu plus loin, l’arbre-palais du roi Fagottin, si majestueux auparavant, se voûte à présent comme un vieillard. Curieux, pense BarJ.

De nombreux soldats déambulent ici, mais personne ne remarque l’Enchanté transformé en Fagottin. Il furète de-ci de-là en cherchant des réponses à ses questions. Des odeurs d’oeufs pourris, de cheveux grillés (et des effluves de caramel) l’accompagnent un peu partout. Au loin, une fumée verte et translucide monte en colonne vers le ciel. Intrigué, il s’en rapproche ; mais ce faisant l’odeur de soufre devient plus forte. Qu’est-ce que cela peut-être ? Arrivé à destination, sa surprise est grande: une immense cheminée en forme de cône souffle la fameuse fumée verte d’où se dégagent les odeurs si désagréables. La cheminée est entourée de grands murs de briques grises, aussi hauts que des fleurs géantes. L’entrée est gardée par deux grands…Trolls, oui ce sont bien des Trolls, à l’air furieux. Pourquoi ont-ils l’air furieux ? Ils sont pourtant si paisibles, si doux d’habitude ? Et comment se fait-il qu’ils travaillent pour ces Fagottins ?

La porte qu’ils surveillent est faite de métal couleur rouille[1]. L’Enchanté n’en revient pas, seuls les gobelins travaillent le métal dans ce monde. Mais, eux aussi, malgré leur fichu caractère ne travailleraient jamais pour cette engeance de Fagottins. Tout fonctionne à l’envers ici ! Que se passe-t-il ? BarJ va avoir du travail, beaucoup de travail pour rétablir l’équilibre.

Un garde Fagottin (sûrement le chef des Trolls) de mauvaise humeur sort d’une trappe dans la porte pour l’interpeller :

— Éh toi ! Tu sais bien que les fouineurs ne sont pas les bienvenus ici.

BarJ est malin. Il sait que les Fagottins sont vaniteux. Pour l’amadouer, il lui répond :

— Bien sûr, mais j’avais tellement envie de voir votre travail si magnifique. Quelle belle fumée !

Le « Fagottin de la Porte » comme il est écrit sur son bel uniforme lui répond content d’être flatté :

— Oui tu as vu, c’est beau hein ? Depuis l’arrivée de nouvelles recrues ça flambe de plus belle.

Prudent, BarJ fait semblant de savoir de quelles recrues, il parle :

— Oui, elles sont parfaites pour le travail…

— Ah ça les Fagoulins sont des bosseurs surtout si on a leur Généralissime sous bonne garde.

BarJ transpire, il a chaud tout à coup. Il comprend que l’armée fagouline s’est faite capturer. Le chef de la sécurité poursuit son discours :

— Bientôt nous en aurons encore un peu plus, notre armée va bientôt nous rapporter quelques civils de la ville frontalière.

Ohnoooooon, pense BarJ et moi qui ai laissé William là-bas! Et les habitants de Genessépa ! Je dois les aider.

— Bon ce n’est pas tout ça mais je dois rejoindre mon poste sur la brèche alors.

Le responsable de la sécurité s’étonne:

— Plus aucun Fagottin ne la surveille depuis longtemps, que me racontes-tu ?

Ohohoh, il m’a piégé, pense BarJ qui ne sait plus quoi répondre. Le fumet écœurant revient lui chatouiller les narines, ce qui le déstabilise encore plus. Cette odeur est vraiment atroce. Ses yeux se posent sur la fumée quand l’inspiration lui vient :

— Mais la brèche est ouverte maintenant, il ne faudrait pas que les Enchantés s’en aperçoivent, ordre prioritaire.

— C’est vrai. Ces fouineurs nous mettent toujours des bâtons dans les roues.

— Je file.

BarJ le Fagottin part en courant, malicieux il se retourne même pour saluer bien bas le responsable de la garde :

— Salutations, et merci.

— Va à ton poste maintenant jeune Fagottin, répond le Fagottin de la Porte très satisfait de lui-même.

BarJ se retient de rire : que ce chef des gardes est crédule (ça veut dire qu’il croit ce qu’on lui dit). Il n’a même pas compris que BarJ ne savait rien en fait. Puis, l’Enchanté se souvient des Fagoulins ainsi que de William. Vite, il doit retourner à la voiture pour les aider. Il court vers la brèche.

A la porte, le responsable de la sécurité observe BarJ le Fagottin qui s’en va. Il est fier de ses jeunes recrues si enthousiastes qu’elles courent pour prendre leur poste.


[1]. couleur orange foncé

(à suivre)

©Priss

Bye-Bye car jeunesse roman


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