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Bye-Bye Car, Chapitre huit
Par Priss Publié dans Histoires Jeunesse sur 15 avril 2020 Un commentaire 4 minutes de lecture
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Bye-Bye car, chapitre huit

La nuit est tombée sur le village des Fagoulins. William est couché sur un matelas de mousse chez Pakar. Une odeur de champignons dans le nez, il se tourne et retourne à la poursuite de son sommeil. Mais ce coquin le fuit. William n’arrive pas à s’endormir. Ce n’est ni à cause de la voiture magique, ni du conducteur à bretelles, ni de se retrouver chez les Fagoulins, ni d’avoir rencontré une créature qui boulotte des mouchoirs remplis de morve, ce n’est pas non plus les vêtements étranges que Pakar lui a prêté, ni l’odeur de champignons, non rien de tout ça.

William pense aux créatures grises aperçues près de la hutte: et si c’était des Fagottins ? Tourmenté par cette pensée qui tourne en boucle dans sa tête, il se lève. Pakar dort un peu plus loin en ronflant aussi doucement qu’un chat qui ronronne.

William se dirige vers la fenêtre ouverte. Si les maisons-souches paraissent tranquilles, les bruits de la nuit inconnus ne le rassure pas vraiment. La grosse lune rousse des Fagoulins brille sur les fleurs géantes. Certaines, des rouges à tige rayée, lâchent d’énormes pets sonores (comme ceux de Papé) mais qui sentent un peu comme la rose (contrairement aux pets de Papé). Petit à petit, le garçon apprivoise la nuit fagouline.

Soudain il entend un grondement au loin. Quelque chose qui s’approcherait, un peu le même bruit qu’un océan en colère ou que le bruit de l’armée de la Généralissime qui a quitté la ville dans la journée. Bizarre, pourquoi revient-elle si vite ? Bah, ils ont dû gagner rapidement. C’est Pakar qui sera content. Il se rue sur le Fagoulin pour le secouer. Pakar n’est pas très heureux de se faire réveiller ainsi. Il ouvre un oeil :

— Laisse-moi.

— Lève-toi, j’entends l’armée. Tes parents rentrent.

— Hein ? Déjà ?

Pakar est debout. Rapide comme un…eh bien rapide comme un Fagoulin, il se précipite vers la fenêtre.

— Ce n’est pas normal, William. Ma mère fait toujours prévenir la ville. Ce vacarme, non ce n’est pas eux… Qu’est-ce que… ? Les Fagottins !!!

Le bruit se rapproche. La végétation au loin bouge dans tous les sens. Pakar sort de la maison-souche en criant dans la ville :

— ALERTE ALERTE ALERTE.

William court derrière lui mais ne peut pas le rattraper avec ses jambes de garçon. Il voit Pakar grimper sur un tronc vers une drôle de branche en forme de tortillons. Il souffle dedans. Un son de klaxon de camion en sort. De toutes les maisons, des Fagoulins sortent, un peu énervés de s’être fait réveiller en pleine nuit. Dès qu’ils comprennent (ALERTE ALERTE ALERTE), c’est l’affolement, chacun court dans tous les sens à la recherche de sa famille mais c’est trop tard. L’armée des Fagottins déboule en trombe. Les Fagoulins apeurés, affolés, se mettent en boule et roulent vers la forêt profonde. Des enfants Fagoulins trop petits pour s’enrouler-rouler-bouler restent sur place. William en ramasse un ou deux sur dans ses bras puis courent lui aussi dans la même direction des fuyards. Pakar le rattrape en deux-deux, lui aussi porte des petits Fagoulins sur ses épaules. Il lui dit :

— C’est trop tard. L’armée fagottine est là, elle rattrapera tout le monde. Suis-moi.

Puis il prend un grand virage à gauche. Derrière eux, ils entendent les cris de victoire des Fagotins, ceux de détresse des Fagoulins. Les petits enfoncent leur visage dans le cou de William, en pleurant de peur. Pakar a atteint un arbre décrépi recouvert de champignon, qui a poussé légèrement à l’écart de la ville. Il appuie sur un noeud du tronc, et un passage s’ouvre entre deux racines tordues. Les petits Fagoulins y sautent mais William hésite l’air dégoûté :

— Berk ! C’est la même odeur de chacal moisi que dans le bosquet.

— Oui, c’est un bosquet qui a vieilli, allez !

Pakar le pousse dans le trou, William se bouche le nez, la porte se referme.

(à suivre)

©Priss

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