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Bye-Bye Car, Chapitre douze
Par Priss Publié dans Histoires Jeunesse sur 25 avril 2020 Un commentaire 7 minutes de lecture
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Chapitre douze, où l’on fait connaissance avec le MaChéChal et dans lequel la Bye-Bye Car a un souci technique. Pour lire le onze, c’est par

Bye-Bye car, chapitre douze

L’invasion de Genessépa à peine terminée, le chef militaire de l’armée fagotine s’accorde un repos bien mérité. Il profite enfin du Pays Fagoulin, et, allongé sur une Feuille Hamac, il se balance doucement entre deux branches basses d’un arbre géant. Il est H-E-U-R-E-U-X de se trouver chez les Fagoulins. Ses narines frémissent sous les exquises fragrances des fleurs géantes environnantes. Il en a enfin terminé avec les puanteurs de vieux fromage, de chacal moisi et cette touche douçâtre de caramel qui dorénavant inondent le Pays Fagottin. Son nez délicat ne les supportait plus. La fumée de l’usine qui a tout saccagé là-bas a fait disparaître les délicieux arômes dont il profite chez les Fagoulins. Confortablement installé, ses yeux se ferment pour une petite sieste sous le soleil fagoulin.

Tout à coup, l’alarme sonne, il s’emmêle dans sa feuille en voulant en descendre. Le MarChéChal s’affale par terre, et son visage rencontre le sol. Il se relève en pestant quand un de ses soldats arrive essoufflé, en criant :

— On nous survole !

Il n’y a que les Enchantés ou les oiseaux pour réussir cet exploit. A cet instant, le MarChéChal espère bien que le soldat sait faire la différence et ne l’a pas dérangé pour un volatile. Il le suit au centre du village où une foule de Fagottins lèvent la tête vers le ciel. En effet, en faisant de même, le chef s’aperçoit qu’un Enchanté avec une machine volante les survole :

— Qu’attendez-vous ? Envoyez-moi quelques épines à ce fouineur !

Une voix demande :

— Comment savez-vous que c’est un fouineur et pas une fouineuse ?

Une autre répond :

— Parce que les fouineuses ne se feraient pas prendre, tête d’Anrselle !

Le MarChéChal fulmine :

— A-VOS-POSTES !

Les soldats s’éparpillent vers de hautes fleurs piquantes puis entament les tirs d’épines.

— Touché ! Crie le MarChéChal joyeux.

La machine change de trajectoire et s’éloigne de Genessépa. Un Fagottin zélé veut la suivre mais le MarChéChal le rappelle à l’ordre :

— Ce que font les Enchantés ne nous regarde pas. Ce sont les affaires de la Grande Sombre.

En chemin vers la Maison Souche qu’il s’est appropriée, le chef militaire n’est plus si joyeux, il rumine :

 Si les Enchantés rappliquent ici, la Grande Sombre sera au courant, puis viendra tout gâcher ! Elle me prendra mes champs de Fleurs à Baba et je n’aurai plus rien pour me faire obéir de mes hommes. Je ne pourrais pas non plus démarrer mon petit commerce de fleurs avec les Trolls. La Grande Sombre, cette longue peste à capuche noire, gâcherait tout une fois de plus, comme lorsque j’étais en pays Gnome. Il-n-en-est-pas-question !

Lecteur, tu te demandes bien qui est cette Grande Sombre, et ce qu’elle a pu faire au MarChéChal. Tu l’apprendras …mais plus tard.

Les jets d’épines de fleurs géantes ont atteint la Bye-Bye Car de BarJ car c’était bien lui qui survolait la ville fagouline. La voiture a fui sans demander son reste dans les profondeurs de la forêt. Trois de ses pneus qui sont sa partie la plus sensible ont été touchés. Tout le long du trajet, elle en “tut-tute” de douleur. L’Enchanté remarque tout haut :

— Les Fagottins savent décidément se défendre !

Un vrombissement de la Bye-Bye Car le rappelle à l’ordre, comment ose-t-il s’extasier sur la défense aérienne fagottine alors que ses pneus sont à plat !

BarJ caresse doucement le volant :

— Pardon amie fidèle, je t’ai fait de la peine. Je ne te mérite pas parfois.

Un autre “tut-tut” approuve sa remarque.

A cause des blessures, la voiture a des difficultés à maintenir son cap. Au bout d’un moment, les turbulences sont telles que BarJ s’accroche en empoignant le volant de toutes ses forces. Plusieurs fois, le derrière du maigrelet Enchanté quitte son siège. Si il ne s’était pas agrippé aussi fort à son volant, il se serait envolé et adieu l’Enchanté ! Sa voiture “tut-tute” de plus en plus faiblement et se rapproche dangereusement du sol. Dans ces conditions, le voyage jusqu’au mont Perlin semble compromis. La Bye-Bye Car soufre trop et ne tiendra pas plus longtemps. Cherchant un refuge où s’arrêter quelques temps, BarJ aperçoit la hutte dans laquelle il avait laissé William.

— Avec un peu de chance, il est encore dedans, espère-t-il.

La voiture frôle les arbres puis atterrit tant bien que mal. Très faible et épuisée par l’effort, la Bye-Bye Car arrête son moteur, ses phares en clignotent de soulagement. Une fois sorti du courageux véhicule, BarJ examine les pneus. Les épines y sont profondément enfoncées. Le klaxon de la Bye-Bye Car complètement crévée ne s’entend même plus lorsqu’il les retire.

— Rien n’est irréparable, dit BarJ qui lui sourit pour l’encourager.

Dans le coffre, il attrape son sac à réparation, en sort un bol, un pilon, et quelques herbes. Puis, il farfouille dans les fougères à la recherche de crottes de Fralin. Revenu près de son véhicule, il écrase les herbes et les crottes ensemble, récite deux incantations trois quarts puis étale la pâte sur les trous des pneus. La voiture râle et proteste à cause de l’odeur.

— Tu n’es jamais contente !

BarJ s’est occupé de sa monture. Les mains sur les hanches, il fait un tour sur lui-même pour repérer la hutte où il a laissé William. Il a un moment d’hésitation, puis d’abord en marchant ensuite en courant, il se dirige vers un grand arbre aux branches basses touffues. Il l’a bien reconnu : la hutte se trouve à son pied. Hélas, lorsqu’il y arrive, la cabane est bien là mais complètement vide. Après une fouille des environs, il lui faut se rendre à l’évidence, il a perdu l’enfant. Si l’Elue le trouve avant lui ou bien en entend parler…ça va être sa fête !

Tant pis ! Pour le moment, il ne peut rien d’autre que faire preuve de patience en attendant la guérison des pneus délicats de son véhicule, qui s’est endormi entre temps. Son moteur ronronne doucement dans la fin d’après-midi. Alors, BarJ balance de la poudre magique d’invisibilité autour de ce petit coin et s’installe dans la hutte.

(à suivre)

©Priss

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